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Sophie
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Sophie, guide-conférencière VAH L'écrire, le photographier, le laisser me surprendre, m'interroger, m'inspirer, j'aime quand il se livre pour mieux le comprendre mais surtout le partager... Avec vous ! Qui est-il ? Le patrimoine Bayonnais

Le grand jeu des volées… d’escaliers

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L’origine d’escalier est, comme pour beaucoup de mots de notre langue, de source latine. Mais c’est au provençal, dans sa forme moderne qu’il a été emprunté, alors il est d’office Chantant. Oui l’escalier chante, il chante la mesure des pas précipités ou feutrés, le rythme lent de la vie qui pèse sur chacun de nos pieds, il chante l’amour des baisers volés et cachés, il chante le souffle des enfants qui les trouvent trop hauts, trop longs à monter, mais aussi leurs rires quand ils les dégringolent.

Bref l’escalier est un lieu de passage sur les marches duquel s’inscrit une parcelle de chacun de ceux qui les gravissent.

Suspendu, en vis ou colimaçon, hélicoïdal, droit à simple ou double rampe, à double révolution et tant de qualificatifs encore, il est aussi l’expression d’un savoir-faire transmis au cours des temps, l’expression d’une société qui emprunte à ses codes de vie, la forme et la cadence de ses escaliers.

Au Moyen Age, les maçons les « tournoient toujours en rond » pour reprendre une expression de Viollet le Duc. C’est ainsi que l’escalier se gravit dans la tour sud de la cathédrale Notre Dame, ou qu’il se cache dans l’une des nombreuses caves de la ville.  On y lit parfois, sur les murs de leur cage, des signes étranges, signatures improbables ou simples graffitis…

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A la Renaissance, l’escalier devient monumental, parfois symbole, « signe de distinction, capable à lui seul  d’ennoblir une demeure » écrit Jean Guillaume dans son livre « L’escalier  dans l’architecture de la renaissance ». Très discret dans notre ville, il est cependant possible d’en retrouver l’inspiration  à l’intérieur d’anciens hôtels particuliers.

Au cours du XVIIème siècle l’escalier est droit et de bois,  contraint par ce parcellaire si particulier à la ville. Les charpentiers de marine, si nombreux à Bayonne à cette époque, auraient-ils apporté  à  l’architecture civile, un savoir-faire technique et pratique, définissant ainsi l’une de nos caractéristiques architecturale ? C’est ce qu’évoquent certains spécialistes du patrimoine.

Le siècle suivant, au XVIIIème, la ferronnerie accompagne souvent de ses rampes en fer forgé la longue montée des marches, alternance de pierre et de bois. Là encore, le savoir-faire de nos forgerons s’inscrit dans l’histoire de l’architecture urbaine locale. Combien de courbes et contre-courbes façonnées à la main décrivent des C et des S entrelacés pour le plus grand plaisir des yeux … Développé dans des cages parfois  plus vastes, l’escalier prend alors ses aises avant de se contracter de nouveaux au cours du siècle suivant.

C’est alors au XIXème qu’il nous donne le vertige, nos jambes et notre regard s’enroulent parfois autour d’un axe vide, l’escalier devient le tableau central de la montée, de la descente fastidieuse mais délicieuse. Vu d’en bas, vu d’en haut il s’enroule en spirale et me fait penser, avant de le gravir, à la phrase de Pierre Dac « En montant un escalier, on est toujours plus fatigué à la fin qu’au début. Dans ces conditions, pourquoi ne pas commencer l’ascension par les dernières marches et la terminer par la première ».

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Des centaines d’escaliers remarquables se cachent derrière nos façades bayonnaises. En nous suivant au cœur du Secteur sauvegardé, ces escaliers nous livrent leurs histoires, si nous savons les écouter.

A très bientôt en visite et sur le blog pour continuer notre petite histoire des escaliers.

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